La première Ecole de Journalisme de Birmanie : Une initiative française

En marge du premier « Myanmar Women’s Forum » co-organisé par l’ambassade de France, la Ministre française de la Culture et de la Communication, et le Ministre birman de l’Information ont présenté à la presse le 7 décembre 2013 le projet d’Ecole de Journalisme de Birmanie (« Myanmar Journalism Institute » - MJI), en présence de tous les membres du consortium (Canal France International, UNESCO, International Media Support, Deutsche Welle Akademie) impliqués dans l’opération.
Elaboré tout au long de l’année 2013 à l’initiative de l’Ambassade de France dans le cadre de son appui à la transition démocratique, le projet d’Ecole de Journalisme de Birmanie –un établissement indépendant- repose sur une réponse concertée entre la France et plusieurs opérateurs européens en coopération avec l’UNESCO et le groupe audiovisuel birman Forever.
Projet visible et d’envergure, il s’inscrit dans une vision de la coopération axée sur l’appui structurel et durable. Ce projet s’adresse à l’ensemble des médias (y compris celles des minorités ethniques). Il est préparé en concertation avec la totalité des acteurs locaux concernés (ministères de l’information et de l’éducation pour le volet autorisation, associations de journalistes, groupes et organes de presse, université, ONG, etc.)
L’inauguration de la MJI a eu lieu le 14 juillet 2014, journée hautement symbolique, en présence de l’ambassadeur de France et de son collègue allemand. Ce programme constitue la plus importante réponse de la communauté internationale en faveur de la liberté des medias en Birmanie.

I. Contexte.

La Birmanie a lancé depuis plus de deux ans un processus de démocratisation qui s’est traduit par l’adoption de lois en faveur de la liberté de la presse et de l’information. Toujours en cours, la refonte du cadre légal s’est appuyée sur deux lois principales votées en 2014 : l’une sur les médias (« Media Law ») et l’autre régulant les droits et obligations des éditeurs et imprimeurs (« Printers and Publishers Regulation Bill »). Un projet relatif à la création d’un service public des médias est également en voie de finalisation et se donne pour objectif de renforcer l’indépendance et l’autonomie des journaux détenus et financés par l’Etat.
Le développement le plus significatif du paysage médiatique birman s’est traduit par le retour en force d’organes de presse privés d’opposition jusque-là en exil, par la création de nouveaux groupes et par le recrutement de journalistes. Cette progression a vocation à se poursuivre et nécessite la formation de professionnels toujours plus nombreux. Selon les estimations, le secteur des médias (privés et publics) compterait en Birmanie plus de 4 000 journalistes. Plus de la moitié ne disposerait pas des qualifications ou de la formation requise pour exercer cette profession. A l’exclusion du cursus proposé par le « National Management College », l’offre de formation reste limitée et les besoins non satisfaits. Les réformes entreprises par le gouvernement ne peuvent à elles seules y répondre durablement. Evalués à 100 journalistes formés par an, les besoins font du lancement du Myanmar Journalism Institute (MJI) plus qu’une nécessité, un impératif.

II. Le rôle pionnier de CFI.

La France, via Canal France International (CFI), s’est engagée rapidement par des collaborations concrètes en faveur du secteur audiovisuel birman. Initiée fin 2012 dans le cadre de la préparation des « Sea Games » de décembre 2013, la collaboration de CFI avec le groupe FOREVER vise à développer et améliorer le travail éditorial et la production d’émissions d’information. A travers ce projet, qui mobilise un budget direct d’expertise de 700.000 euros cette année, la Birmanie s’est placée au premier rang des partenaires internationaux de CFI en termes financiers.

III. Le projet « Myanmar Journalism School « ( MyJS).

1/ La réactivité de CFI a permis de conférer à la France un rôle leader dans le domaine de la formation des journalistes. A la demande de l’Ambassade, une mission d’audit a été menée, début 2013, par l’Université France Télévisions et CFI dont les recommandations ont permis d’élaborer une réponse concertée et durable entre plusieurs partenaires européens, en coordination avec l’UNESCO : la Suède et le Danemark, à travers International Media Support (IMS), apportent leur expérience dans le domaine de l’enseignement universitaire et l’élaboration des cursus académiques ; les Allemands de la Deutsche Welle Akademie assurent une coordination technique du projet et Canal France International (CFI) mobilise son expérience du terrain pour la formation de formateurs et d’administrateurs ainsi que le transfert de compétences.

La synergie entre les acteurs européens repose à la fois sur leur complémentarité en matière d’expertise et leur contribution financière émanant de coopérations bilatérales.

2/ La contribution française permettra la réalisation d’actions ciblées à forte valeur ajoutée :
- la formation des formateurs, qui s’appuiera sur les méthodes, le savoir-faire et les valeurs des institutions françaises reconnues dans ce secteur ;
- l’octroi de bourses à certaines catégories d’étudiants issus des différentes communautés pour veiller en amont à la diversité dans les médias Birmans.

3/ Par ailleurs, le Ministère de l’Information appuie très fortement le projet, tout en respectant le principe d’indépendance de la future école dont les opérateurs européens et les membres birmans (associations de journalistes notamment) de son futur Conseil d’administration seront les garants. De même, le Ministère de l’Education, qui validera le cursus et les diplômes de la MyJS, voit dans ce projet une opportunité de renforcer le département de formation « médias » de l’Université de Rangoun. A terme, ce département pourrait être fusionné avec la MyJS pour former l’un des « Centres d’Excellence » prévu par la réforme en cours de l’Enseignement supérieur.

4/ Enfin, le partenaire technique et financier birman du projet, Forever Group avec lequel CFI collabore déjà, est l’opérateur majeur de la radio-télévision birmane. La contribution financière de FOREVER GROUP permettra au projet d’avoir une assisse locale forte, sans être exclusive d’autres partenariats.

IV. De la prospection à l’ouverture du MJI : dernières actualités
Le 14 juillet 2014, l’ambassadeur de France en Birmanie, en compagnie de son homologue allemand, a inauguré le Myanmar Journalism Institute. Premier centre birman indépendant de formation des professionnels des médias, cette structure se distingue des traditionnels cursus proposant une approche théorique en privilégiant une offre davantage axée sur la pratique journalistique pour des professionnels déjà en activité ou des jeunes sans expérience.
Après une première phase de prospection (octobre à décembre) destinée à évaluer les besoins auprès des groupes et associations de médias locaux, à élaborer les cursus et débuter les premiers ateliers de formation des formateurs, la première session annuelle (formation continue) à l’attention des professionnels a débuté en juillet. Se déroulant à la fois à Rangoun (de juillet à juin) et au Centre français de Mandalay (d’août à juin), elle réunit 15 élèves par ville. Elle sera complétée par un cycle de formation initiale destinée cette fois-ci à des étudiants sans expérience et désireux de se lancer dans une carrière journalistique.

publié le 07/04/2016

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