Etudes birmanes en France

Pays finalement peu connu en France, isolé par sa situation politique, la Birmanie fait souvent l’objet d’approches simplificatrices. Le regard des spécialistes – archéologues, historiens, géographes, politologues, anthropologues, ethnologues ou linguistes – qui en étudient la diversité, donne un éclairage qui permet à tout un chacun de se forger une opinion sur la Birmanie contemporaine.

Il existe en France une solide tradition dans le domaine des études birmanes. Elle se fonde à la fois sur :
- l’enseignement de la langue : l’INALCO est avec la SOAS de Londres, le seul établissement européen à enseigner le birman et à proposer à ses étudiants une grande variété de diplômes dont un master en études birmanes offrant le choix entre quatre mentions : histoire ; sociétés et territoires ; littératures et oralités ; sciences du langage et langues appliquées ;
- la diversité des domaines de recherche qui se répartissent de manière a peu près égale entre quatre grandes groupes de disciplines comptant chacun une douzaine de chercheurs : l’anthropologie et l’ethnologie ; les arts du langage (langue, littérature et linguistique) ; l’histoire ancienne et moderne (jusqu’à la fin du XIXe siècle) et l’archéologie ; et les études contemporaine (sciences politiques et histoire) ; auxquels il convient d’ajouter la géographie, et le trafic de stupéfiants.

C’est au total une cinquantaine de chercheurs qui travaillent sur la Birmanie dans différents cadres institutionnels : EFEO, CNRS, CASE, IRSEA, IRASEC, INALCO, EHESS.

Je ne saurais trop recommander à tous ceux qui souhaitent comprendre ce pays au-delà d’un survol de l’actualité et de la lecture des guides touristiques de se référer aux études birmanes dont vous trouverez ci-dessous une présentation synthétique ainsi que les liens permettant d’accéder aux sites des principaux centres et laboratoires de recherches français travaillant sur la Birmanie.

Résolument tournée vers la société civile, dont les chercheurs constituent une composante importante, l’Ambassade de France accorde une grande attention aux études birmanes en France dont elle a vocation à encourager le développement et les coopérations avec la Birmanie. C’est la raison pour laquelle un bureau de passage abritant l’antenne birmane de l’EFEO largement ouvert à d’autres institutions, est mis à la disposition des chercheurs à l’Institut Français de Birmanie à Rangoun. Nous sommes à leur écoute, y compris pour aider les doctorants à organiser leurs recherches de terrain. Que vous soyez étudiant birmanisant, chercheur, en formation ou confirmé, n’hésitez pas à nous contacter : ambafrance.rangoun@diplomatie.gouv.fr

La présente rubrique a également pour vocation d’accueillir les contributions des chercheurs français qui souhaitent utiliser le support du site Internet de l’ambassade de France pour mieux faire connaître leurs travaux sur la Birmanie. Enfin elle se fera l’écho des initiatives que l’ambassade envisage de prendre ou de soutenir pour accompagner le dynamisme des études birmanes.

Je souhaite que notre mobilisation destinée à valoriser les études birmanes en France soit l’occasion de les associer pleinement, dans le respect de leur indépendance, à la diffusion de la connaissance et au développement des échanges entre les sociétés civiles de nos deux pays.

Thierry MATHOU
Ambassadeur de France en Birmanie

Répertoire des études birmanes en France
Une synthèse réalisée par Marie-Sybille de Vienne professeur des Universités, INALCO, titulaire de la chaire d’économie et de géopolitique de l’Asie du Sud-Est, et directrice du Centre de Préparation aux Echanges Internationaux (CPEI)

PNGL’Ecole Française d’Extrême Orient
L’EFEO a été, depuis les années 80, active en Birmanie à travers l’inventaire des monuments de Pagan réalisé par Pierre Pichard dans le cadre d’un projet UNESCO entre 1980 et 1997. En 2002, avec le recrutement de Jacques Leider (jacques.leider@efeo.net) à l’EFEO, l’Ecole s’implanta au Myanmar. Jusqu’en 2008, elle fut accueillie au Center for History and Tradition (CHAT), une institution sous la tutelle internationale du SEAMEO (Southeast Asian Ministers of Education Organization). L’EFEO bénéficie désormais d’un bureau à l’Institut français de Birmanie qui dispose de postes informatiques et d’une collection d’outils de recherche de base.

Dans le contexte difficile de la Birmanie contemporaine, les activités institutionnelles ne bénéficient que d’une autonomie modeste sur le plan des coopérations. Mais des opportunités considérables existent pour des projets individuels. Depuis 2002, les projets conduits par le Centre se sont surtout étendus à la transcription de manuscrits arakanais inédits dont l’étude a permis de mettre à jour de nouvelles données sur l’historiographie et l’histoire politique, culturelle et religieuse de l’Arakan à l’époque de Mrauk-U. Depuis 2005, un projet de collecte d’inscriptions arakanaises a permis de constituer la première collection systématique de témoignages lithiques pour cette région de la Birmanie. Depuis 2007, des recherches sur le début de l’histoire de la dynastie de Konbaung ont mené à un réexamen des chroniques royales en comparaison avec les ordres royaux notamment pour le règne de son fondateur, le roi Alaungmintaya.

En dépit de son envergure modeste, le Centre EFEO de Rangoun, lieu unique dans un environnement difficile, est devenu au gré de quelques années un lieu d’accueil et d’orientation important pour les doctorants et les boursiers ainsi que pour des chercheurs français ou internationaux.

PNGL’IRASEC
Basé à Bangkok depuis 2001, l’Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporaine (USR 3142 - UMIFRE 22 CNRS MAEE) s’intéresse aux évolutions politiques, économiques, sociales et environnementales en cours dans les onze pays de la région. Membre du réseau des centres de recherche du ministère français des Affaires étrangères et Européennes (MAEE) et unité de service et de recherche du Centre national de la recherche Scientifique (CNRS) , l’institut s’est vu donner la mission d’analyser quelques-unes des grandes questions qui touchent, collectivement ou séparément le Brunei, la Birmanie, le Cambodge, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande, Timor Leste et le Viêt Nam.

Promouvant des approches variées, l’Irasec fait appel à des spécialistes de tout horizon disciplinaire et académique qu’il associe au gré des problématiques soulevées. L’institut privilégie autant qu’il est possible les démarches transversales et s’efforce de traiter chaque thème à sa véritable échelle historique et géographique.

Les travaux de l’Irasec débouchent sur la rédaction d’ouvrages de synthèse de haut niveau scientifique mais dont l’accessibilité ne se limite pas aux seuls spécialistes. L’institut met particulièrement l’accent sur les qualités de présentation et le caractère didactique qu’il propose au public. C’est dans cet esprit que l’Irasec élabore avec différents partenaires des politiques éditoriales dynamiques.

PNGL’INALCO est le seul établissement français et un des deux seuls en Europe, à enseigner le birman et à proposer à ses étudiants une grande variété de diplômes dont un master en études birmanes offrant le choix entre quatre mentions : histoire ; sociétés et territoires ; littératures et oralités ; sciences du langage et langues appliquées.

PNG CENTRE ASIE DU SUD-EST (CASE)
Créé en 2006 dans le cadre du partenariat entre l’EHESS et le CNRS, le Centre Asie du Sud-Est (CASE) a pour objectif d’effectuer des recherches interdisciplinaires sur cette région de l’Asie. Le centre est issu de la réunion de deux unités de recherche, ARCHIPEL et leLASEMA, devenues depuis des équipes de recherche de la nouvelle unité. La première réunit plus particulièrement historiens, philologues et politologues, tandis que la seconde regroupe principalement anthropologues et géographes. L’archéologie et l’épigraphie sont représentées dans chacune des équipes. L’association de ces deux équipes, qui partagent les mêmes exigences de terrain et de pratique linguistique, permet au CASE d’être le plus important centre de recherches français en sciences sociales sur l’Asie du Sud-Est.

Les pays concernés par les recherches du CASE sont les dix pays du sud-est asiatique stricto sensu, c’est-à-dire membres de l’ASEAN (Birmanie, Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaysia, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam), mais aussi des régions ou des Etats voisins, tels Timor Leste, la Papouasie Nouvelle Guinée, Taïwan et la Chine méridionale.

Les principaux thèmes de recherche du centre, fondés à la fois sur les données de terrain et sur l’étude des textes, ont trait aux recompositions identitaires, à la transmission des idéologies, à l’évolution des peuplements et des réseaux, aux nouvelles formes d’urbanisation, aux conflits interethniques et inter-religieux, ainsi qu’aux différentes modalités de la rencontre entre le local et le global dans notre région. Un thème de réflexion comparative rassemble des chercheurs des deux équipes sur la normalisation du fait religieux en Asie du Sud-Est.

INSTITUT DE RECHERCHE SUR LE SUD EST ASIATIQUE (IRSEA)

PNG IRSEA PNG

Résultant d’un partenariat entre le CNRS et l’Université de Provence, l’IRSEA, créé en mai 1993 à Aix-en-Provence, s’est installé à Marseille sur le campus St Charles de l’Université de Provence, en janvier 1999, pour constituer aux côtés du Centre de Recherche et de Documentation sur l’Océanie, (CREDO, UMR 6574), et d’une unité mixte de service (UMS 1885) la Maison Pacifique.

Les équipes de chercheurs de l’IRSEA mènent de façon collective des recherches en anthropologie sociale, histoire, sociologie sur les pays et les sociétés de l’Asie du Sud-Est : Birmanie, Thaïlande, Cambodge, Laos, Vietnam, Malaysia, Singapour, Brunei, Indonésie, Timor, Philippines, Taiwan, et les diasporas chinoises.
L’apport d’autres disciplines vient enrichir ces approches : la géographie, la linguistique, le droit, la science politique, l’économie, la psychologie, la littérature comparée.
L’IRSEA s’est donné trois missions principales, à savoir :
- La recherche fondamentale avec une équipe de chercheurs et d’enseignants chercheurs en permanence au contact des réalités de leurs terrains de recherche,
- La transmission des connaissances et des méthodes et la diffusion du savoir par le biais de l’enseignement, de séminaires et de colloques. Les chercheurs et enseignants chercheurs de l’IRSEA assurent plusieurs enseignements au sein de l’Université de Provence dans les départements d’Anthropologie et d’Histoire (UFR Civilisations et Humanités) et dans le département d’Etudes chinoises (UFR ERLAOS). Deux séminaires de recherche sont également proposés aux étudiants : au premier semestre, le séminaire de recherche propre au laboratoire et au second semestre, à partir de 2008-2009, le seminaire interlaboratoires d’anthropologie comparative.
- la production scientifique : outre la publication d’ouvrages et la coordination de la Revue Moussons, revue bilingue couvrant l’Asie du Sud-Est pour les sciences humaines et sociales, l’IRSEA développe trois programmes scientifiques.

Le Réseau Asie et Pacifique
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Créé par le CNRS, la FMSH, la FNSP et l’EHESS, ce réseau réunit et relie des chercheurs sur une cinquantaine de pays et d’aires culturelles d’Asie et d’Océanie dont la Birmanie.

CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LES ETUDES BIRMANES 2010
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La dernière session de la conférence internationale sur les études birmanes s’est tenue à Marseille en juillet 2010. Elle a été co-organisée par l’IRSEA-CNRS), l’Ecole française d’Extrême-Orient (EFEO), le Centre Asie du Sud-est (CASE-CNRS), l’Institut national des Langues et Civilisations Orientales (INALCO) le « Center for Burma Studies » (NIU DeKalb Illinois, Etats-Unis).

publié le 11/04/2014

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