Interview de Khin Zaw Latt, Artiste peintre birman

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Pourriez-vous d’abord vous présenter à nos lecteurs ?

Je peins et je dessine depuis mon plus jeune âge. En 1998, j’ai intégré l’université des Arts et Culture pour y étudier la peinture. J’ai eu l’occasion de me rendre ensuite en Thaïlande, en Malaisie, en Inde et au Népal où j’ai visité des galeries d’art, des musées et des studios d’artistes qui m’ont permis de me perfectionner avant de me lancer. J’ai par ailleurs assisté à de nombreuses expositions, notamment à l’étranger (Thaïlande, Singapour, Hong Kong, Canada, Belgique, etc.).
Entre 2004 et 2010, j’ai remporté plusieurs prix d’art contemporain en Birmanie pour certaines de mes peintures, notamment Crowd et Buddha. En 2012, j’ai fondé la Bamboo School dans le village KyakeKa Maw (Kyauk Tan Township), qui dispense des cours d’art et d’anglais aux enfants défavorisés. Cette même année, j’ai ouvert KZL ART Studio & Gallery dans la Golden Valley.

Vous avez étudié les Beaux Arts à Rangoun, comment se passe l’enseignement artistique en Birmanie ? Qu’est-ce qui est le plus étudié ? Y-a-t-il beaucoup d’écoles ?

A l’Université, j’ai étudié l’histoire de l’Art, les arts birmans traditionnels et l’art occidental. L’accent est mis principalement sur le réalisme occidental, sur les natures mortes, les paysages… Il n’est pas possible d’étudier l’art contemporain, moderne ou multimédia dans les deux écoles et les deux universités d’art que nous avons aujourd’hui en Birmanie (à Rangoun et à Mandalay).

Après vos études, comment avez-vous commencé votre carrière d’artiste ?

Après mes études, j’ai beaucoup peint et j’ai participé à quelques expositions dans des galeries privées à Rangoun. Je n’ai pas vendu une seule pièce pendant les 2-3 premières années mais cela ne m’a pas empêché de continuer à apprendre d’autres artistes et de peindre.
En 2004, j’ai commencé ma série de peintures nommée Bouddha et tout est allé très vite : j’ai gagné un premier prix, exposé pour la première fois à Hong Kong, et vendu quelques peintures. J’ai eu l’occasion ensuite de me rendre dans plusieurs pays d’Asie et voir le monde extérieur. Cela m’a beaucoup encouragé à continuer ma carrière. Depuis lors, j’expose régulièrement en Birmanie comme à l’étranger.

Comment définiriez-vous votre peinture et votre façon de travailler ? Où et comment trouvez-vous votre inspiration ? La Birmanie tient-elle une place importante ?

Je qualifie mon style de réalisme mais il peut varier pour devenir semi-abstrait. Les Birmans, leur vie et l’intensité des couleurs sont mon inspiration. Il est très important pour mon univers créatif d’être dans mon pays.

Quelles techniques utilisez-vous et préférez-vous en tant qu’artiste peintre et pourquoi ?

J’ai toujours aimé varier les techniques. J’utilise beaucoup les tampons, les rouleaux à empreintes et les feuilles d’or. Outre les techniques, peindre me rend heureux et c’est ce que je préfère dans la peinture.

Quels sont les peintres que vous admirez ? Et pourquoi ?

J’ai beaucoup d’admiration pour les maîtres comme Claude Monet, Picasso, Salvador Dali ou encore le sculpteur Henry Moore car ils se sont imposés en créant leur propre univers artistique.

Quels sont vos centres d’intérêts dans la vie ? Vous intéressez-vous à d’autres formes artistiques ?

Je suis très intéressé par tout ce qui touche à la création artistique, et notamment la sculpture ou l’art conceptuel de l’installation. Mais j’aime aussi enseigner ma passion.

Quels sont vos projets pour le futur ?

Je n’abandonne pas la peinture – des expositions sont d’ailleurs prévues – mais cette année, j’ai commencé la sculpture. J’ai le projet également de créer un « jardin d’artistes », un espace de rencontres et de travail pour les artistes.

N’avez-vous jamais été intéressé par l’Art français ? Quels sont les artistes français que vous préférez ? Pourquoi ? Seriez-vous intéressé à travailler avec l’IFB ? Avez-vous déjà été en France ? Aimeriez-vous y présenter une exposition ?

Bien sûr que oui ! J’adore en particulier les œuvres de l’artiste contemporain français Daniel Firman et ses sculptures en mouvement.
J’ai eu l’occasion de me rentre à Paris et Annecy en juin, et j’adorerais pouvoir un jour voir mes œuvres exposées dans la capitale parisienne. En attendant, je serais très intéressé à l’idée de travailler avec l’Institut Français de Birmanie.

http://www.kzlartgallery.com

publié le 01/10/2013

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