Interview du responsable de "La Tartine", un nouveau venu sur le marché de la restauration à Rangoun

Dans le cadre de son programme de diversification, de rayonnement et d’attractivité, l’Institut Français de Birmanie hébergera prochainement, après quelques travaux, une cafétéria d’un genre nouveau proposant des menus rapides et conviviaux typiquement français . Au terme d’un appel d’offres concurrentiel, la gestion de cet espace de dégustation a été confiée à La Tartine, un nouveau venu sur le marché de la restauration à Rangoun dont le responsable répond ce mois-ci aux questions de France-Birmanie.

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La Tartine, pourquoi ce nom ?

Nous cherchions un nom à consonance Française qui symbolise l’art de vivre culinaire à la Française.

Comment l’idée vous est-elle venue de créer une boulangerie française en Birmanie. Est-ce qu’il a été facile pour vous de créer votre entreprise ?

Je suis venu pour la première fois en Birmanie en 2010 pour voyager dans le pays, que j’ai trouvé magnifique. Après avoir arrêté mon activité en Russie, je recherchais un nouveau challenge. Et comme tous les journaux économiques parlaient alors de la Birmanie, je me suis dit "pourquoi pas". Je suis donc venu passer un mois pour prendre la température, et suis revenu au bout de 2 semaines pour créer mon entreprise. La création de ma société n’a pas été très difficile, mais nous étions en permanence dans l’incertitude, du fait de la nouveauté de la chose : nouvelles lois, nouveau "climat d’affaires", nouvelles incertitudes... Heureusement, j’ai bénéficié d’un bon conseil local !

Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez été confrontées ?

L’administration. Mais cela fait partie du jeu. Je me suis rendu compte que mes années en Russie m’ont bien préparé à ces problèmes.

Le pain, une vraie passion ? Comment avez-vous appris à devenir entrepreneur boulanger/pâtissier ?

Entreprendre dans le commerce a toujours été une passion pour moi. Ma première expérience en ce domaine a été l’ouverture d’un bar de nuit à Chamonix.
La boulangerie/pâtisserie est venue ensuite, lorsque j’ai posé la question à des amis étrangers, ainsi que des clients du bar "définissez-moi la France en 5 mots". A quelque chose près, les réponses étaient les mêmes : Paris, La Tour Eiffel, la gastronomie, les vins et la Provence. Nous en avons parlé avec un ami du Kazakhstan, et voilà La Tartine en Birmanie !

Parlez-nous un peu de vos produits ? Avez-vous procéder à une certaine adaptation des produits au marché local ?

Tous nos produits sont préparés à partir de matières premières de très haute qualité rigoureusement sélectionnées. Ces matières premières viennent principalement de France. Les recettes sont imaginées en coopération avec des chefs cuisiniers, dans un souci de qualité et de tradition. A La Tartine, nous sommes fiers de proposer des produits français, représentant une partie de la culture de notre pays (flan, chouquettes, tarte aux framboises...).
L’adaptation au marché local n’est pas une priorité. En effet, les clients viennent chez nous pour trouver de bons produits français, avec un goût et une texture authentiques et particuliers.
En plus de la boulangerie/pâtisserie, nous distribuons les produits Malongo en Birmanie. Cela renforce notre image d’entreprise française, proposant des produits de qualité.

Le métier de boulanger/pâtissier en France est un métier qui se lève tôt ! Comment ça se passe au niveau des horaires à Rangoun ? Décrivez-nous votre journée de travail type.

La boulangerie est ouverte de 7h à 20h. Le soir, nous préparons le pain et la viennoiserie pour le lendemain. Il est important d’être prêt de bonne heure le matin, car les birmans ont tendance à se lever tôt. Et il n’y a pas encore trop d’embouteillages pour nos clients !

Combien de personnes employez-vous ?

Le recrutement continue, et nous allons bientôt atteindre les 20 employés, tous birmans à l’exception de ma directrice.

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Des projets de développement peut-être ?

Nous allons prochainement ouvrir une seconde antenne à l’Institut Français. Un concept un peu différent. Puis certainement un autre point de vente d’ici la fin de l’année.

Vos conseils à ceux qui souhaiteraient vous imiter et s’implanter en Birmanie ?

Il y a un potentiel énorme en Birmanie, mais il ne faut pas s’attendre à être attendu. Si l’on veut ouvrir ici, c’est aussi voire plus difficile qu’en France ou ailleurs en Europe. Il faut donc s’attendre à beaucoup de travail et de stress. Travail, patience, et respect des collègues et du personnel sont pour moi les maîtres mots. Mais les conseilleurs ne sont pas les payeurs !

Adresse :
LA TARTINE
Pearl Condominium
Kabar Aye Pagoda Road
Tel : 01 557 448 ext : 858
Facebook/latartinemyanmar

NB : A ce jour il n’existe à Rangoun que deux points de vente commercialisant des produits de boulangerie intégrant à des degrés divers une « composante française », qu’il s’agisse des produits eux-mêmes importés de France ou du savoir-faire du à des ressortissants français : La Tartine et Yangon Bakery.

publié le 03/04/2014

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