L’Europe : partenaire économique et commercial en devenir de la Birmanie

Avec la suspension en avril 2012 puis la suppression en avril 2013 des sanctions économiques, qui concernaient principalement les investissements, l’Union Européenne a signifié son encouragement au rétablissement des relations économiques et commerciales avec la Birmanie.

Plusieurs membres de l’UE, l »Allemagne, la France, l’Autriche, le Royaume-Uni, le Danemark, les Pays-Bas, l’Italie et la Finlande, ont participé activement au Club de Paris de janvier 2013 qui a procédé à l’annulation de 50 % des arriérés et au rééchelonnement du reste sur une période confortable.

A ces deux événements s’est ajouté en juillet 2013 le rétablissement au profit des exportations birmanes vers l’UE du Système de Préférences Généralisées qui avait été suspendu en 1997.

Au-delà de cette normalisation du contexte légal, administratif et financier des échanges avec l’Europe, l’UE, dans le cadre de son aide au développement met en œuvre un programme de 10 M d’Euros destiné à faciliter les échanges, dans lequel le volet d’aide aux capacités birmanes exportatrices, notamment dans le domaine des produits alimentaires, et en particulier de la pêche, occupe une part importante.

L’évolution des échanges entre l’UE et la Birmanie entre 2012 et 2013 montre les premiers signes d’une reprise avec une croissance de 35 % des exportations européennes et de 50 % des importations. Mais la position de l’Europe est encore très modeste, comparée aux partenaires commerciaux asiatiques de la Birmanie. Les banques européennes sont encore très timides dans l’établissement de relations avec les établissements financiers birmans, l’image du pays en Europe est encore floue, le climat des affaires à Rangoun est encore, il est vrai, marqué par l’héritage de décennies de gouvernance économique déficiente.

Pourtant, les entreprises européennes défilent en Birmanie, au sein desquelles les françaises sont en bonne place. Des chambres de commerce bilatérales se renforcent ou se créent, française, allemande, britannique, et l’UE s’apprête à aider à l’émergence d’une chambre européenne.

Les sociétés pétrolières européennes ont fait bonne figure dans l’attribution récente des zones de recherches octroyées par la Birmanie. Les norvégiens Telenor, qu’il faut citer même si la Norvège n’est pas partie de l’UE, ont obtenu une licence d’exploitation des télécommunications, Airbus et ATR possèdent une forte part du marché aéronautique, les technologies allemandes et françaises reviennent dans le secteur de l’énergie, des banques britanniques et françaises procèdent à l’ouverture de bureaux de représentation.

Face au poids de la Chine qui a pris de nombreuses positions dans les vingt dernières années et à la puissance financière du Japon, l’Europe doit jouer la carte de la qualité dans les technologies et les produits qu’elle propose et celle de la responsabilité sociale et environnementale de ses investisseurs.

publié le 05/05/2014

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