L’Institut Pasteur en Birmanie : une collaboration étroite avec le National Health Laboratory

Les interventions françaises dans le domaine de la santé en Birmanie qui s’élèvent à plus de 14 million d’euros pour l’année 2014, concernent non seulement la fourniture d’équipements, de médicaments et la formation de personnel médical mais également la recherche épidémiologique. Dans ce domaine, l’Institut Pasteur, de retour en Birmanie depuis 2013, est très actif et travaille en étroite collaboration avec le National Health Laboratory.

L’Institut Pasteur en Birmanie

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Si la présence sur la façade du National Health Laboratory birman de l’enseigne Pasteur Institute suggère l’existence d’une antenne de l’Institut pasteur en Birmanie, elle n’est en fait qu’un vestige d’un ancien Institut. En effet, dès 1904, l’Institut Pasteur intervient à Rangoun pour aider les autorités coloniales britanniques à combattre une épidémie de rage.

En 1963, cette antenne fusionne avec quatre autres laboratoires birmans et devient le Laboratoire National de la Santé (National Health Laboratory). Ce dernier a désormais pour mission d’assurer la surveillance, le diagnostic et la recherche concernant les maladies infectieuses en Birmanie. Pour ce faire, il s’appuie notamment sur des partenariats avec des organisations internationales telles que l’Institut national des maladies infectieuses de Tokyo ou l’Organisation Mondiale de la Santé.

C’est également dans le but d’améliorer la recherche sur les maladies infectieuses en Birmanie que le réseau des Instituts Pasteur a décidé de collaborer avec le National Health Laboratory depuis 2013. S’il ne dispose pas encore d’un bureau de représentation en Birmanie, l’Institut Pasteur a d’ores-et-déjà équipé les unités bactériologie et virologie des laboratoires du NHL, et travaille plus particulièrement sur deux projets bien précis : ECOMORE et SEAe.

Le projet ECOMORE (ECOnomic development, ECOsystem MOdifications, and emerging infectious diseases Risk Evaluation)

Le projet ECOMORE a pour ambition de mieux comprendre les mécanismes écologiques responsables du développement de maladies infectieuses et de proposer des solutions pour la mise en place de systèmes de surveillance efficaces. Ce projet est le fruit d’une collaboration entre l’Agence Française de Développement et le réseau des Instituts Pasteur, dans quatre pays de la région Asie du Sud Est : le Cambodge, le Laos, le Vietnam et la Birmanie.

Dans le cadre de ce projet, l’Institut Pasteur a signé un accord de coopération technique avec le NHL le 20 janvier 2014 pour appuyer la recherche sur les infections respiratoires sévères touchant les enfants de 0 à 5 ans et renforcer les capacités du NHL en matière de diagnostic et de surveillance. En Birmanie, les infections respiratoires sévères sont responsables de plus de 10% de la mortalité infantile.

Bénéficiant d’un financement de l’Agence Française de Développement, l’Institut Pasteur a notamment acheté et installé les équipements nécessaires à la bonne mise en oeuvre du projet et a organisé des sessions de formation du personnel du NHL à son bureau du Cambodge et en Birmanie. L’Institut Pasteur s’apprête également à lancer la phase de recherche en collaboration avec deux hôpitaux pédiatriques de Rangoun.

Le projet SEAe (SouthEast Asia encephalitis)

En Asie, les encéphalites sévères sont parmi les plus fréquentes et les plus sérieuses causes d’hospitalisation pédiatrique. Par ailleurs, pour 60% des patients, l’étiologie de l’encéphalite demeure inconnue, ne permettant pas un traitement ciblé. Le projet SEAe a pour objectif de réduire la mortalité associée aux encéphalites infectieuses en Asie du Sud Est en améliorant le diagnostic et le traitement des patients.

Initié au Cambodge, au Vietnam et au Laos, ce programme est financé en Birmanie par la Fondation TOTAL depuis mai 2014. Dans le cadre de ce projet et pour développer la recherche sur l’encéphalite japonaise, l’Institut Pasteur a signé le 17 septembre 2014 un accord de coopération technique avec le NHL.

Une première phase d’évaluation des besoins de renforcement des capacités du NHL a eu lieu et a permis d’identifier les points nécessitant des actions concrètes. Par ailleurs, une mission d’experts de l’Institut Pasteur du Cambodge s’est rendue en Birmanie au début de l’été 2014 pour coordonner les futures activités en termes de recherche clinique d’une part et de diagnostic d’autre part.


Htay Htay Tin, une femme à la tête du National Health Laboratory JPEG
Pathologiste depuis 1997, Htay Htay Tin est une figure majeure parmi les pathologistes et microbiologistes birmans. D’abord professeure de Pathologies à l’Université de médecine de Rangoun, elle a ensuite été nommée à la tête du National Health Laboratory. Htay Htay Tin est également directrice d’un service de l’Université de santé publique de Birmanie.
Dans un pays où les postes à responsabilité dans la fonction publique restent majoritairement occupés par des hommes Htay Htay Tin, est un exemple de réussite. Malgré les obstacles nombreux auxquels elle a été confrontée, elle incarne cette nouvelle génération de femmes birmanes sur laquelle il faut compter.

publié le 03/12/2014

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