L’assurance birmane s’ouvre au secteur privé

Après des décennies de monopole étatique depuis les nationalisations de 1963, l’assurance s’ouvre au secteur privé. L’assurance d’Etat, Myanma Insurance va devoir désormais faire face à la concurrence du secteur privé. Dans un premier temps, le ministère des Finances a créé le « Insurance Business Supervisory Board » afin de réguler une profession naissante.

Dans le but d’attribuer des licences, un appel à candidature a donné lieu à 20 propositions émanant du secteur privé, dont 12 ont été retenues. Les grands groupes locaux, comme Maw Myanmar, Kanbawza, Asia World, KMA, Htoon ou Shwe Taung sont sur les rangs. Le capital minimum requis est de 6 Md Kyats pour l’assurance vie (4,7 M€) et de 40 Md Kyats pour l’assurance générale (36,2 M€).

Le dépôt effectif du capital et quelques autres conditions techniques sont nécessaire pour recevoir la licence définitive. En mai dernier, les premières licences ont été délivrées à IKBZ (Kanbawza), Grand Guardian (Shwe Taung), Aung ThitsarOo Co Ltd, National Economy Public Co, et Aung Myint Mo Min Insurance Co.

Pour le moment l’activité d’assurance est limitée aux entreprises birmanes. Cependant, il est probable que les autorités autoriseront d’ici deux à trois ans aux entreprises locales de s’associer, sans doute sous forme de joint-ventures, avec les assureurs étrangers, avant d’autoriser ces derniers à ouvrir des succursales de plein exercice. Néanmoins, il est vraisemblable que sans attendre ces échéances, les nouvelles entreprises birmanes chercheront à obtenir des grands assureurs internationaux des services de conseils, d’une part, de la réassurance, d’autre part. En outre, les compagnies étrangères peuvent d’ores et déjà ouvrir des bureaux de représentation. Parmi les entreprises étrangères qui possèdent un bureau de représentation on citera le japonais Sompo (depuis 1995), et le suisse ACE.

Le marché de l’assurance est peu développé en Birmanie mais potentiellement très important. Reuters donne le chiffre de 1,6 Md$ annuels de primes dans quelques années, similaire au marché du Vietnam, et équivalent au dixième de celui de Singapour. La profession considère qu’un particulier est prêt à acheter des produits d’assurance à partir d’un revenu annuel de 1 000 $. Or, le PIB moyen annuel par habitant est de 885 $ en Birmanie.

La montée en puissance d’une véritable industrie de l’assurance apportera en outre des fonds susceptibles d’entrer dans le marché des capitaux encore très peu développé mais que le gouvernement birman veut accompagner par la création d’une bourse à l’horizon 2015.

publié le 28/06/2013

haut de la page