L’édito de l’Ambassadeur

Le premier forum franco-birman sur le développement urbain s’est tenu le mois dernier à Mandalay.

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Placée sous le signe de la ville durable, cette rencontre innovante a réuni côté français une vingtaine d’entreprises mobilisées par Business France, ainsi que des opérateurs publics amenés à jouer un rôle croissant dans le financement de projets en Birmanie à l’instar de l’Agence Française du Développement (A.F.D.) qui a annoncé à cette occasion son premier prêt bonifié dans le pays, et de la Banque Publique d’Investissement (B.P.I.) qui y effectuait ses premiers pas. Ce forum, auquel ont participé au plus haut niveau les autorités de la région et de la ville de Mandalay, ainsi que de nombreux représentants d’entreprises et d’administrations birmanes, était important à un double titre.

Il s’agissait d’abord du coup d’envoi de « l’initiative Mandalay », un projet multisectoriel aussi ambitieux que prometteur qui vise à faire de la deuxième ville du pays, une cible privilégiée voire une vitrine de la France en Birmanie. Qu’il s’agisse de la contribution que les entreprises françaises ont vocation à apporter à l’aménagement de cette métropole en devenir, de la création d’un Institut français ayant pour rôle de faire rayonner notre langue et notre culture en haute Birmanie comme c’est déjà le cas à Rangoun, du développement de partenariats universitaires, ou de programmes innovants qui pourraient voir le jour dans les domaines du tourisme ou des métiers de l’eau, ce projet au long cours, initié par l’ambassade dans le cadre de la mobilisation des pouvoirs publics français à destination de l’Asie du Sud-est, n’aboutira que si tous nos acteurs publics et privés se sentent concernés. C’était le signal donné par les participants au forum de Mandalay où la voix de la France, qui n’est jamais si forte que lorsqu’elle est unie et collective, a reçu un écho particulièrement favorable.

Il s’agissait ensuite d’illustrer par une « étude de cas » - le développement urbain à Mandalay, ville a priori mieux à même que Rangoun, déjà contrainte par une croissance frénétique, de relever les défis du développement durable- la volonté de la France d’apporter sa contribution à la lutte contre le réchauffement climatique. À moins d’un an de la 21ème Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 21) qui se tiendra à Paris en décembre 2015, l’appel de Manille lancé par le Président de la République et par son homologue philippin a permis de rappeler que « la croissance économique, le développement durable et la lutte contre la pauvreté étaient des objectifs qui devaient et pouvaient être atteints ensemble ».

C’est tout l’enjeu de la mobilisation collective organisée à Mandalay et plus largement en Birmanie, où la France entend inscrire ses actions de coopération dans le cadre d’objectifs à long terme qui répondent à des intérêts universels, preuve que les enjeux économiques que nous portons ici, trop longtemps opposées aux grands principes sous-jacents à la promotion de la démocratie et des droits de l’homme, sont une composante essentielle de la diplomatie globale que la France entend incarner.

publié le 05/04/2016

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