L’édito de l’Ambassadeur

JPEG - 28.5 ko
SE M. Mathou, Ambassadeur de France en Birmanie

L’année 2014 s’est terminée sous les meilleurs auspices pour la France en Birmanie. La visite de la Secrétaire d’Etat chargée du développement et de la francophonie a été l’occasion de signer plusieurs accords, dont celui permettant à l’Agence Française de Développement (A.F.D.) de consolider et d’accroître sa présence dans le pays, ainsi qu’un second dans le domaine de la santé, prélude à la diversification des partenariats dans ce domaine clé pour notre coopération. L’organisation par l’ambassade du Women’s Forum Myanmar ASEAN 2014, ouvert par le président Thein Sein en présence d’Aung San Suu Kyi, a été un moment fort de notre mobilisation en faveur des questions de genre et de la liberté d’expression, thèmes désormais étroitement associés à l’action de la France en Birmanie. Alors que la communauté française n’a cessé de progresser tout au long de l’année, la Chambre de Commerce et d’Industrie franco-birmane (F.M.C.C.I), qui enregistre un nombre croissant de membres, s’est vue confier la création de la future chambre de commerce européenne, signe de la dynamique des milieux d’affaires français en Birmanie. Nul doute que l’année qui s’annonce sera l’occasion de nouvelles avancées dans la relation franco-birmane, dont le cours est désormais entré dans sa vitesse de croisière.

C’est toutefois sur le cap birman que tous les yeux seront braqués en 2015 tant il est vrai qu’il conditionnera l’amplitude de ces avancées et plus encore l’avenir d’un processus sur le point de connaître son heure de vérité. Après quatre années qui auront marqué l’histoire des régimes en transition, la Birmanie devrait connaître pour la première fois depuis 25 ans des élections générales que l’on espère libres et transparentes. L’évènement sera de taille, moins en raison du résultat du scrutin, qui ne sera qu’un des éléments d’une équation dont la résolution s’inscrira nécessairement dans la durée, qu’en raison de sa symbolique. Ce sera en effet la première fois depuis quatre ans - si l’on fait exception des élections partielles de 2012- que le peuple birman aura la possibilité d’être l’acteur et non plus seulement le spectateur d’une démocratisation qui, en dépit de ses vertus propres, reste à ce jour un processus octroyé, et à ce titre inachevé. L’enjeu est d’importance. Il en va de l’avenir de la réconciliation nationale qui repose non seulement sur la capacité des différentes composantes de la nation birmane à porter un projet commun - d’où l’importance du processus de paix, toujours en devenir- mais aussi sur la volonté du régime d’incarner les attentes de la société.

Fidèle à l’approche qui est la sienne, la France continuera à soutenir tous ceux qui œuvrent dans ce pays aux progrès de la démocratie et au développement économique.

En souhaitant une évolution harmonieuse de la relation franco-birmane ainsi que l’approfondissement du processus de transition si nécessaire à la prospérité du peuple birman, j’adresse mes meilleurs vœux aux lecteurs de « France-Birmanie » pour l’année cruciale qui s’annonce.

Thierry Mathou
Ambassadeur

publié le 05/04/2016

haut de la page