L’édito de l’Ambassadeur

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SE M. Mathou, Ambassadeur de France en Birmanie

La visite ce mois-ci du groupe d’amitié France-Birmanie de l’Assemblée Nationale est l’occasion d’évoquer les relations interparlementaires entre nos deux pays et, au- delà, le rôle de premier plan que le parlement birman a acquis au cours des dernières années.

La création du groupe d’amitié en 2012 au début de la législature a marqué la volonté de l’Assemblée Nationale de contribuer à la politique d’engagement constructif préconisée par le gouvernement français. Elle a de fait témoigné du souhait des députés de normaliser leurs relations avec leurs collègues birmans en transformant le simple "groupe d’études" qui suivait jusqu’alors les questions birmanes en une structure ayant vocation à contribuer au développement des relations interparlementaires. Plusieurs parlementaires français se sont rendus en Birmanie depuis quatre ans. Ce sont même des Français qui en 2011ont été les premier parlementaires occidentaux à visiter la "nouvelle" Birmanie. C’est toutefois la première fois que le groupe d’amitié en tant que tel effectue un déplacement dans le pays, occasion d’explorer les pistes de coopération avec une institution qui n’a cessé de croître en visibilité depuis 2011.

Au cours des dernières années, le parlement birman s’est en effet affirmé comme un acteur clé du processus de transition. Cette évolution doit beaucoup au rôle de son président, mais aussi à l’arrivée sur ses bancs en 2012 d’une opposition plus significative au sein de laquelle Aung San Suu Kyi a largement contribué au prestige nouveau dont bénéficie désormais le pouvoir législatif dans ce pays qui en fut privé pendant plusieurs décennies. Pour autant le parlement birman souffre encore de nombreuses lacunes. La culture démocratique doit y progresser. Son rôle doit encore s’affirmer. Ses moyens restent limités. L’expérience de ses membres est par nature faible et la formation de son personnel administratif est insuffisante.

C’est la raison pour laquelle la coopération interparlementaire revêt ici plus qu’ailleurs une importance particuliere. Il s’agit non seulement de souligner en cette année électorale le rôle clé que le renouvellement du parlement a vocation à jouer dans le nécessaire approfondissement du processus démocratique, mais aussi d’envisager pour l’avenir la façon dont l’Assemblée Nationale française est susceptible de contribuer à cette évolution via les échanges qu’elle pourra développer avec son homologue birmane. A ce jour seule la chambre haute du parlement birman - homologue de notre Sénat - a créé un groupe d’amitié avec la France qui est d’ailleurs un des rares pays occidentaux et un des tous premiers à avoir fait l’objet de cette initiative.

Nul doute que la visite du groupe d’amitié "France-Birmanie" contribuera à une dynamique qu’il importe de soutenir dans la mesure où le parlement constitue la voûte de l’édifice démocratique.

Thierry Mathou
Ambassadeur

publié le 05/04/2016

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