La Birmanie n’a plus d’arriérés à l’égard de ses bailleurs de fonds internationaux.

Trois importants accords ont été conclus durant le mois de janvier 2013 pour trouver une solution aux 11 milliards de dollars d’impayés de la dette birmane à l’égard des bailleurs de fonds multilatéraux (Banque Mondiale et Banque Asiatique de Développement) et bilatéraux (11 pays dont dans l’ordre, le Japon, l’Allemagne, la France, la Norvège…). Pour respecter la priorité donnée habituellement aux bailleurs multilatéraux, le premier arrangement a été conclu avec la Banque Asiatique de Développement (511 millions de dollars dont le remboursement interviendra désormais en 28 ans, dont 8 de grâce – c’est-à-dire qu’aucun remboursement ne sera du avant 2021), puis avec la Banque Mondiale, 476 millions de dollars, rééchelonnés sur 40 ans, avec les premiers remboursements en 2023. Restait l’ensemble des dettes bilatérales qui totalisait 10,3 milliards de dollars.

Comme cela se fait depuis les années 50, la solution est venue du Club de Paris, une association informelle de pays créditeurs qui conclut avec le pays débiteur un accord qui comprend des annulations de dettes, des rééchelonnements pour les remboursements de ce qui n’est pas annulé, mais souvent avec des conditions, qui sous l’égide du FMI, doivent permettre au pays en difficulté de retrouver une situation macroéconomique saine.

Le cas de la Birmanie était évidemment particulier, puisque cette dette avait cessé d’être remboursée depuis 1988/9, pour des raisons plus politiques qu’économiques et que le pays n’est pas réellement insolvable. Les créditeurs réunis à Paris le 24 janvier 2013, avec la délégation birmane conduite par le ministre des Finances, ont néanmoins accepté d’annuler une forte proportion des arriérés (50 %) en deux tranches, et d’accepter un calendrier favorable pour le remboursement du reste, étalé sur 15 ans avec 7 ans de grâce. Rien n’empêche d’ailleurs les pays concernés, au moment de signer avec la Birmanie les accords bilatéraux qui mettront à exécution l’accord en Club de Paris de faire un geste supplémentaire s’ils le souhaitent.

La France avait des impayés birmans qui atteignaient l’équivalent de 980 millions de dollars. La moitié est donc désormais effacée.

Avec ce processus concentré sur ce seul mois de janvier, la Birmanie tourne une page supplémentaire et majeure, dans son train de réformes. Qui plus est, comme on ne prête pas à un pays qui a des arriérés de remboursements, les bailleurs de fonds peuvent désormais proposer aux Birmans des prêts, lesquels sont absolument nécessaires pour accélérer le développement économique et social.

publié le 28/01/2013

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