La France aux côtés des communautés pour lutter contre les violences faîtes aux femmes

Dans le contexte actuel de transition démocratique en Birmanie, la France soutient des projets portés par des organisations de la société civile. Depuis 2012, l’ambassade dispose pour ce faire d’un « Fonds Social de Développement » (FSD) de 500 000 Euros sur trois ans pour financer des projets permettant d’améliorer les conditions de vie des populations tout en renforçant les capacités des acteurs locaux.

Les axes prioritaires identifiés sont les suivants :

  • le renforcement des capacités locales en matière de production agricole ;
  • la protection de l’environnement en vue de parvenir à un développement durable responsable ;
  • un encouragement donné aux initiatives concrètes en matière d’éducation ;
  • le renforcement de l’autonomisation de la société civile dans le secteur de la santé ;
  • la valorisation des droits fondamentaux avec une priorité donnée à la démocratie locale et à la liberté d’expression.

Dans ce cadre, l’ambassade de France a développé depuis 2012 un partenariat avec l’ONG locale Pyi Gyi Khin. Cette ONG spécialisée dans la santé et la prévention du VIH mène également depuis la fin des années 1990 une mission de plaidoyer sur les droits des femmes, en particulier les femmes séropositives et les travailleurs du sexe, au niveau ministériel et au niveau local à travers la sensibilisation et le renforcement des communautés.

En effet, si la Birmanie est signataire de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) depuis 1997, la mise en œuvre de politiques efficaces au niveau local fait aujourd’hui encore grandement défaut. Il existe notamment encore un manque de législation adéquate pour combattre les violences faites aux femmes. De plus, l’existence d’une forte tradition patriarcale, d’une faible connaissance et d’un manque de confiance des femmes dissuadent ces dernières de recourir aux outils juridiques à leur disposition pour se protéger. De plus, les femmes ne disposent pas d’espace de discussion, de soutien ni de soins pour aborder cette question des violences ou alors, dans le cas où elles existent, les populations n’en ont pas la connaissance, tout comme certaines ONG locales. Cet aspect est renforcé par l’absence de plaidoyer sur ces questions, qui permettrait de sensibiliser les acteurs à la base mais également les autorités publiques, au niveau local et ministériel.

Partant de ce constat, près de 100 000 Euros ont été alloués à l’organisation Pyi Gyi Khin pour mettre en place un projet pilote de sensibilisation auprès des femmes vulnérables et subissant des violences. Depuis mars 2013, l’ONG organise des activités de sensibilisation sur les droits de l’Homme à travers la formation de groupes communautaires composés d’autorités locales, de représentants des femmes (Women Committee), d’hommes et de femmes des communautés ciblées et la mise en place de centres d’accueil « Women Friendly Centers ». Elle accompagne par ailleurs les personnes victimes de violences en leur apportant des soins adaptés. Son action porte avant tout en milieu rural, notamment dans l’Etat Shan, la région de l’Irrawaddy et de Mandalay. En un peu moins de deux ans, plus de 2800 familles ont ainsi été sensibilisés aux droits des femmes.

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Centre d’accueil, Women Friendly Centre à Aungban, dans l’état Shan

Ce projet visant à adresser et faire reconnaitre le problème de violences perpétrées contre les femmes dans le pays est totalement novateur à la fois en Birmanie et pour cette ONG habituée avant tout à intervenir dans le domaine de la santé et en particulier la prévention du VIH.

Dans l’optique de développer le projet à une plus grande échelle, les personnes et organisations locales formées doivent désormais assurer la gestion des centres créés et fournir les services nécessaires afin de continuer à former de nouvelles populations à cet enjeu. L’appropriation des Women Friendly Centers par les communautés reste le principal enjeu du projet. La France va donc poursuivre son soutien à la société civile et réfléchit avec Pyi Gyi Khin aux moyens envisageables pour renforcer les premières activités tout en portant également de nouveaux efforts en milieu urbain autour des grands centres que sont Yangon et Mandalay où les violences à l’égard des femmes sont plus fréquentes (les cas de viol notamment).

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Formation et sensibilisation sur les thématiques de droits de l’Homme avec les volontaires de PGK, township de Myingyan

Enfin, l’action de Pyi Gyi Khin, dont le projet peut être qualifié de pilote, doit permettre de documenter les cas de violences suivies par l’organisation, les mécanismes de référencement auprès des autorités compétentes et les problèmes rencontrés lors du traitement de ces dossiers. Ces informations sont primordiales pour avoir une vision plus globale de la situation des femmes en Birmanie et cela servira autant à valoriser le travail de l’ONG qu’à aider la reproductibilité du projet dans d’autres régions.

Ce soutien direct à la société civile à travers notre outil FSD en Birmanie est tout à fait pertinent tant par rapport aux besoins existants qu’aux politiques actuelles du gouvernement. C’est pourquoi l’Ambassade de France souhaite renouveler l’enveloppe pour la période 2015-2018 et poursuivre cette politique de développement conçue en partenariat avec les communautés.

publié le 03/12/2014

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