La fin des « Foreign Exchange Certificates » (FEC)

En 1993, le gouvernement birman avait décidé de créer les « Foreign Exchange Certificates » (FEC). D’une valeur nominale de 1, 5, 10 ou 20 équivalant à autant de dollars US, ils étaient délivrés aux détenteurs de devises étrangères en échange de celles-ci. Ils permettaient aux autorités récupérer un certain nombre de devises en contrepartie du FEC, qui devenait en quelque sorte une créance du détenteur à l’égard des réserves de change birmanes. Tout détenteur de FEC avait en principe en sa possession la valeur de l’équivalent en dollar.
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Néanmoins, le taux de change FEC/Kyat, s’il était resté proche du taux USD/Kyat, affichait régulièrement des différences, le plus souvent moins bon que le taux du dollar. Ceci dénotait un manque de confiance dans la valeur réelle de cet instrument monétaire. Paradoxalement, son taux a été à plusieurs reprises meilleur.
Pour les Birmans autorisés à en détenir, contrairement aux dollars, il était devenu un outil obligé, certains commerces et certaines administrations demandant des paiements en FEC et les refusant en dollars.

Les réformes politiques et économiques des deux dernières années exigeaient une réforme de l’ensemble du système monétaire et du régime des changes, puisque cohabitaient pas moins de trois taux de change formels, le taux officiel du Kyat totalement éloigné de la réalité économique, le taux du marché en dollar et le taux du marché en FEC. Les décisions d’avril 2012, portant unification des taux de change rendaient la fin des FEC inéluctable. Elle était attendue pour la fin 2013. Le ministère des Finances a donc décidé de les retirer de la circulation entre le 1er avril et le 30 juin 2013.
Les détenteurs se verront remettre l’équivalent en dollars. Il en coûtera à la banque Centrale un montant évalué à un peu plus de 30 M$, tout à fait gérable compte tenu des réserves de change actuelles estimées à plus de 4 milliards de dollars.

En contrepartie, la Birmanie poursuit sa route vers une rationalisation de son mode de fonctionnement économique. C’est une réforme de plus qui va dans le bon sens.

publié le 29/04/2013

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