Les femmes françaises à l’étranger

Une population expatriée en croissance

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Au 31 décembre 2013, 1 642 953 de nos compatriotes étaient inscrits au registre mondial des Français établis hors de France, soit une hausse de 2 % par rapport à l’année précédente. Cette augmentation, supérieure à celle observée en 2012 (le nombre d’inscrits avait alors progressé de 1,1 %), est légèrement inférieure à la tendance moyenne d’accroissement de la communauté française à l’étranger au cours des dix dernières années, à savoir une croissance annuelle moyenne de l’ordre de 3 %.

Évolution de la population française inscrite par région de 1995 à 2013
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Une répartition par âge et par genre stable

La répartition des Français inscrits par genre est stable sur les dernières années. En 2013, avec 50,5 % de femmes parmi les inscrits au registre, la population française établie à l’étranger a sensiblement le même profil que la population française métropolitaine qui en compte 51,5 %.
Cependant il existe des différences selon les zones géographiques. Ainsi, les femmes sont moins présentes en Asie-Océanie (42,5 %) et plus présentes dans les États membres de l’Union européenne (53,6 %).

Ainsi, en Birmanie, où le nombre des Français inscrits au registre atteint aujourd’hui 635 personnes, on compte 302 femmes, soit 46 % du total.

Si l’on regarde la pyramide des âges, on constate une dissymétrie marquée, avec un plus grand nombre de femmes de moins de 40 ans et plus d’hommes parmi nos concitoyens plus âgés. Les femmes constituent ainsi 54 % des moins de 25 ans et 52 % des 26-40 ans, tandis que les hommes représentent près de 58 % des 41-60 ans.

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Des inégalités persistantes

Une certaine inégalité est perceptible au niveau de l’activité professionnelle. Par exemple, les femmes de 25 à 49 ans sont moins actives à l’étranger que la même classe d’âge en France (75 %, contre 84 % en France).

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Observons enfin que parmi les Français ayant « subi » leur expatriation pour suivre leur conjoint, les femmes dans leur majorité n’exercent pas d’activité professionnelle (53,8 %), tandis que les hommes en pareille situation (bien moins nombreux) travaillent pour près de 75 % d’entre eux.

Parmi ces Français expatriés pour suivi de conjoint et ne travaillant pas, 62 % des femmes déclarent ne pas chercher un emploi, contre 40 % des hommes. Au sein de notre échantillon, les femmes représentent 71 % des Français expatriés ayant dû s’établir à l’étranger involontairement, pour suivre leur conjoint.

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Les disparités de revenus entre les hommes et les femmes restent une réalité qui affecte également les Français expatriés (en France métropolitaine, tous temps de travail confondus, les femmes gagnent 27 % de moins que les hommes). La majorité des femmes françaises expatriées et exerçant une activité professionnelle (57,6 %) perçoit un revenu inférieur à 30 000 €, tandis que 67,6 % des hommes perçoivent une rémunération supérieure à 30 000 €. Notons que les proportions évoluent lorsque le départ est considéré comme « volontaire » (c’est-à-dire principalement mû par une décision propre de la personne expatriée), bien que les écarts hommes/femmes restent comparables : 45 % des femmes expatriées disposent alors d’un revenu supérieur à 30 000 €, et 70 % des hommes.

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Si les Françaises expatriées exerçant une profession représentent la majorité des actifs disposant de moins de 15 000 € par an, on constate qu’à mesure que l’on monte dans les tranches de salaires, leur proportion diminue au profit des hommes expatriés.

Les femmes de nationalité française résidant à l’étranger sont confrontées à un double défi. En effet, aux difficultés inhérentes à l’expatriation, vient s’ajouter le fait que le statut de femme dans le pays d’accueil ne correspond pas toujours à celui que l’on connaît en France : suivant les pays, les lois, les habitudes, la scolarité ou la vie sociale peuvent ne pas être les mêmes pour les femmes que pour les hommes. Entre discriminations salariales, disparités au niveau de la possibilité de trouver un emploi et idiosyncrasies locales, la vie à l’étranger pour une femme s’avère souvent bien plus compliquée que pour un homme.

publié le 02/12/2014

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