Panorama de la coopération bilatérale française en Birmanie

La coopération française en Birmanie est à la fois ancienne et diversifiée. La France, qui fut parmi les premiers pays à implanter une représentation diplomatique à Rangoun au lendemain de l’indépendance, créa dès 1961 un centre culturel, l’Alliance Française de Rangoun, devenue depuis l’Institut Français de Birmanie (I.F.B.). Longtemps unique, cet espace de liberté, de création et d’échanges, n’a pas cessé depuis 53 ans d’accueillir le public birman, même pendant les années difficiles. La France dispose également d’une longue tradition dans le domaine des études birmanes qui s’illustre aujourd’hui par la présence à l’I.F.B. d’un représentant de l’Ecole Française d’Extrême Orient (EFEO) et d’une chercheuse du CNRS. « Langues O », l’Institut National des Langues Orientales (INALCO) qui a récemment signé un accord de partenariat avec l’université des langues étrangères de Rangoun, enseigne la langue birmane à Paris depuis plus de 50 ans.

Comment s’articule la coopération française en Birmanie ?

Notre coopération vise à la fois à soutenir le processus de transition démocratique engagé depuis 3 ans ½ et à accompagner le développement de la Birmanie au plus près des besoins de la population et de la société civile.

Outre les efforts importants consentis par la France en termes d’annulation de la dette bilatérale -un demi-milliard de dollars en 2013- et ses contributions à l’Union Européenne et aux organismes multilatéraux, la coopération française en Birmanie transite par l’ambassade de France à Rangoun et par l’Agence Française de Développement (A.F.D), autorisée à intervenir dans le pays depuis mars 2012 et amenée à y suivre des projets de grande envergure.

Jusqu’à présent, les programmes français mis en œuvre en Birmanie ont été exclusivement financés par des subventions. L’A.F.D. a toutefois vocation à ouvrir son guichet de prêts à long terme et à taux réduit, ce qui sera de nature à accroitre considérablement le volume des interventions et la visibilité de la coopération française en Birmanie.

En 2013, les financements bilatéraux directs de la France au profit de la Birmanie se sont élevés à 11,5 millions d’Euros, sans compter les frais de fonctionnement et de personnel. En 2014, ce montant est passé à 13,8 millions d’Euros, tendance haussière qui va se poursuivre.

Les principaux domaines d’intervention

Objectif santé

Il existe une longue tradition d’intervention en Birmanie de professionnels français de la santé, qu’il s’agisse de médecins ou d’organismes divers, dans des domaines aussi variés que la fourniture d’équipements et de médicaments ou la formation du personnel médical. En 2014 le montant total des interventions françaises dans le secteur de la santé s’élève à près de 14 millions d’Euros, tous financements confondus. 90 % de ce montant relève de l’appui que la France apporte à la lutte contre les 3 grandes pandémies : HIV, paludisme et tuberculose. Les meilleurs spécialistes birmans du Sida ont tous été formés en France dans le cadre d’un programme toujours en vigueur. Des laboratoires français de renom sont très actifs au côté des laboratoires publics birmans : l’Institut Pasteur à Rangoun et la Fondation Mérieux à Mandalay. Un journal britannique du début du XIXe siècle se faisait déjà l’écho de la demande des autorités municipales de Rangoun auprès de l’Institut Pasteur, afin que ce dernier y établisse une antenne et mette à disposition son précieux vaccin contre la rage…Revenu en Birmanie en 2013 dans le cadre d’un programme régional, l’Institut Pasteur y a un grand avenir. Afin de renforcer les synergies existantes et de donner plus de visibilité à notre coopération dans le domaine de la santé un accord intergouvernemental est en préparation dans ce secteur.

Liberté d’expression : la marque française

En prenant l’initiative dès 2011 de proposer la création de la première école de journalisme de Birmanie, l’ambassade de France a ouvert un chantier aussi ambitieux que nécessaire : faire de la formation des journalistes dans le cadre d’un institut indépendant, un des socles de la liberté d’expression. Grâce à l’implication de Canal France International (C.F.I.), et à la mobilisation de partenaires aussi variés que l’UNESCO, le groupe FOREVER, et les agences audiovisuelles d’Allemagne, de Suède, et du Danemark, ce projet s’est concrétisé en juillet 2014 avec la création du Myanmar Journalism Institute (MJI) auquel la France vient d’accorder une subvention de plus de 500 000 Euros qui permet de financer un programme de bourses bénéficiant aux étudiants les plus nécessiteux. Parallèlement, C.F.I. poursuit sa coopération avec MRTV4 et le groupe FOREVER.

Priorité à la société civile

Le soutien de la France à la société civile birmane est particulièrement développé et ce au travers d’une large palette d’outils. Un « Fonds Social de Développement » (FSD) doté de 500 000 Euros a été mis en place en 2012 pour une durée de trois ans afin de financer des projets destinés à lutter contre la pauvreté et l’exclusion. L’ambassade dispose également d’une enveloppe dédiée à l’appui à la société civile consacrée à des micro-projets. L’A.F.D. de son côté finance directement les projets portés par des O.N.G. françaises. Enfin, le Centre de Crise du Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International alloue chaque année à la Birmanie des subventions destinées à l’aide d’urgence et à l’aide alimentaire pour les populations les plus vulnérables. Depuis le cyclone Nargis, 2,6 millions d’Euros ont été alloués dans le cadre de cette aide humanitaire et en 2014, plus de 700 000 Euros ont été accordés par le Comité Interministériel d’Aide Alimentaire (CIAA) à Action Contre la Faim, à ACTED et au Programme Alimentaire Mondial pour développer leurs projets dans l’Arakan et dans le Kachin.

La filière eau : un secteur d’avenir

Le secteur eau et assainissement est amené à devenir un secteur de concentration de la coopération bilatérale française. A Rangoun, la France finance la réalisation d’une étude préliminaire sur le secteur de l’eau conduite par la compagnie française EGIS Eau. A Mandalay, le bureau d’études SAFEGE, également financé sur fonds publics, travaille au développement et à l’optimisation des infrastructures du secteur de l’eau et du traitement des déchets. L’A.F.D. a contribue également à hauteur de 2,3 millions d’Euros à l’amélioration des systèmes d’alimentation en eau dans la deuxième plus grande ville du pays. En octobre prochain une délégation du Syndicat des Eaux du Lot et Garonne est attendue et souhaite démarrer un projet d’adduction d’eau potable dès l’année prochaine. Un plan d’action ciblant la « filière eau » est en préparation pour amener l’ensemble des acteurs publics et privés du secteur à mobiliser leurs savoir-faire, leurs technologies, leurs produits, et leurs financements au profit d’un secteur où les besoins sont considérables en Birmanie et l’offre française particulièrement adaptée.

Développement rural, agriculture et développement durable : le trio gagnant

L’agriculture et le développement rural figurent au rang des priorités de la France en Birmanie. La participation de l’A.F.D. à hauteur de 1 million d’Euros au fonds multi-bailleurs LIFT, fédérant les initiatives en matière de développement rural et de sécurité alimentaire, ainsi que ses efforts dans les programmes d’irrigation de la zone sèche du centre de la Birmanie sont particulièrement notables.

En 2014 la France a également signé deux accords intergouvernementaux avec la Birmanie, l’un dans le domaine de l’élevage, l’autre dans celui de l’agriculture, secteurs porteurs de nombreuses coopérations, de la recherche, à la valorisation des productions.

Différentes initiatives régionales pour la conservation de l’environnement et le développement de pratiques agro-écologiques sont en cours. Elles sont menées sur financement A.F.D. en lien avec des organisations telles que la Société pour la Conservation de la Vie sauvage ou le Fonds Français pour l’Environnement Mondial.

La culture et l’éducation : des valeurs sûres

L’Institut Français de Birmanie jouit d’une aura particulière en matière de coopération culturelle et éducative. Il accueille chaque année plus de 300 étudiants à Rangoun et une centaine d’autres à Mandalay où le Centre français créé depuis plus de 10 ans à vocation à devenir un centre culturel à part entière. L’ambassade a également mis en place un programme de bourses et els coopérations universitaires se développent.

publié le 03/10/2014

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