Politique étrangère

• La politique de l’ancien régime birman (répression des manifestations de 1988, refus de reconnaître le résultat des élections de 1990) l’avait coupé de ses partenaires occidentaux et rapproché de la Chine, qui est devenue le principal allié de la Birmanie. Dans le sillage du processus de transition amorcé en 2011, la Birmanie est progressivement sortie de cet isolement. La plupart des sanctions concernant la Birmanie ont été levées en 2013 à l’exception des embargos militaires imposés notamment par l’UE et les Etats-Unis, et des listes négatives maintenues par ces derniers.

• La Birmanie est membre de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) depuis 1997. L’ASEAN a officiellement attribué à la Birmanie, le 17 novembre 2011, la présidence de l’organisation pour l’année 2014.

• Outre la Chine, la Birmanie entretient de bonnes relations avec les puissances régionales voisines, en particulier l’Inde et la Thaïlande. Le nouveau Premier ministre thaïlandais, le général Prayuth Chan-ocha, a choisi la Birmanie pour son premier déplacement officiel à l’étranger, en octobre 2014. Par ailleurs, après une période d’éloignement liée à sa situation politique, la Birmanie a renoué ses relations étroites avec le Japon, les réorientant sur le volet de la diplomatie économique. Cependant, la Birmanie cherche aujourd’hui à s’extirper d’une géopolitique purement régionale. Le gouvernement est soucieux d’élargir ses coopérations internationales et se montre actif dans la consolidation de ses relations bilatérales, jusque-là restreintes à un noyau d’États bien identifié : en 2014, il a signé des accords de coopération avec une dizaine de pays dont le Bangladesh, la Corée du Sud, les États-Unis, Israël, la Russie et la Turquie.


La Birmanie entretient des relations diplomatiques avec 111 États dont 35, recensés dans la liste alphabétique ci-dessous, disposent d’une ambassade à Rangoun ; parmi eux, 6 sont européens (y compris l’UE). D’autres pays européens ont ouvert des bureaux de représentation à Rangoun, notamment les Pays- Bas, la Pologne, l’Espagne, la Suède, et la République Tchèque. À ce jour, aucune ambassade n’est installée dans la nouvelle capitale administrative Naypyidaw  ; seuls le Bangladesh et la Malaisie ont conclu avec le gouvernement un accord d’acquisition de terrain pour une future ambassade, mais la construction n’a toujours pas commencé.


- Allemagne
- Arabie Saoudite
- Australie
- Bangladesh
- Brésil
- Brunei
- Canada
- Cambodge
- Chine
- Corée du Sud
- Corée du Nord
- Danemark
- Egypte
- Etats-Unis
- France
- Inde
- Indonésie
- Israël
- Italie
- Japon
- Koweït
- Laos
- Malaisie
- Népal
- Pakistan
- Philippines
- Royaume Uni
- Russie
- Singapour
- Sri Lanka
- Suisse
- Thaïlande
- Turquie
- Union européenne
- Vietnam


Avec les pays européens, les relations économiques s’intensifient. En septembre 2014, U Thein Sein a effectué sa troisième visite officielle en Europe. Après la Norvège, la Finlande, l’Autriche, la Belgique et l’Italie en février et mars 2013, et la Grande-Bretagne et la France en juillet 2013, le Président s’est rendu en Allemagne, en Suisse et aux Pays-Bas et a appelé les entreprises de ces trois pays à augmenter leurs investissements en Birmanie. Cette visite a permis de s’entendre sur un renforcement de la coopération, en particulier dans le secteur de l’énergie.

Deux exemples du renouvellement des relations internationales de la Birmanie :

1. L’Union européenne

L’UE renouvelait régulièrement depuis 1996 une position commune adoptée au Conseil de Bruxelles, prohibant les ventes d’armes et toute coopération de défense, interdisant l’entrée et gelant les avoirs sur le territoire de l’UE des membres du régime et de leurs proches, et fixant une liste d’entreprises birmanes liées au régime dans lesquelles tout investissement était interdit. Ces mesures étaient ciblées sur les dirigeants du régime, proportionnées et réversibles en cas de progrès. Les sanctions européennes avaient été renforcées en 2004 après les incidents de Depayin, en 2007 après la répression des manifestations, puis en 2009 à la suite du verdict du procès intenté à Daw Aung San Suu Kyi. Avant l’arrivée au pouvoir d’U Thein Sein, quelque 1 200 entreprises et 400 noms de personnalités birmanes figuraient sur la liste noire de l’Union Européenne.

L’Union européenne a été l’un des premiers acteurs internationaux à apporter une réponse au processus de réforme, voulant témoigner de sa volonté de dialogue. En avril 2011, elle a assoupli les restrictions qui portaient sur certains nouveaux ministres n’ayant pas de passé militaire. En avril 2012, elle a décidé la suspension pour un an de toutes les sanctions à l’exception de l’embargo sur les armes, suivie par une levée complète des sanctions en avril 2013 (à l’exception de l’embargo sur les armes). En 2013, les échanges commerciaux entre l’UE et la Birmanie se sont élevés à 569 millions d’euros, soit une croissance de 41% par rapport à l’année précédente. 2013 est l’année où l’UE a établi un cadre d’ensemble (“Comprehensive Framework”) destiné à exposer les priorités de son action en Birmanie pour les années à venir (soutien au développement économique, social et éducatif ; sensibilisation au respect des droits de l’Homme ; appui au gouvernement pour réintégrer la communauté internationale). L’UE met également un point d’honneur à engager des crédits en faveur du développement rural en Birmanie.

Dans le même temps, la coopération humanitaire s’est développée. L’agence humanitaire de l’UE est le principal support de cette coopération : depuis 1994, ECHO a alloué près de 200 millions d’euros d’aide humanitaire à la Birmanie, destinée essentiellement aux communautés affectées par les conflits et aux communautés déplacées. Une aide spéciale est allouée aux réfugiés vivant en Thaïlande.

Elle se double d’une substantielle aide au développement : entre 2011 et 2014, le montant de cette aide s’est élevé à 688 millions d’euros, faisant de l’Union européenne le premier bailleur de fonds de la Birmanie. L’aide financière de l’UE pour le pays constitue son deuxième budget derrière l’Afghanistan.

L’Union européenne a installé une délégation à Rangoun en avril 2012, quelques jours après la première levée des sanctions. Son premier ambassadeur résident a pris ses fonctions en septembre 2013.

2. Les États-Unis

Les États-Unis ont intensifié leur dialogue avec la Birmanie depuis l’automne 2010 et ont entrepris de lever progressivement leurs sanctions à l’encontre du pays. En décembre 2011, la secrétaire d’État, Madame Hillary Clinton, a effectué une visite remarquée en Birmanie, la première d’un chef de la diplomatie américaine depuis 1955, qualifiée à ce titre de « nouveau chapitre dans les relation américano-birmanes » par U Thein Sein. En mai 2012, pour la première fois depuis 1990, un ambassadeur américain en résidence, Monsieur Derek Mitchell, a été nommé à Rangoun en remplacement d’un chargé d’affaires.

Le même mois, les États-Unis ont suspendu toutes leurs sanctions à l’investissement et sur les transactions financières avec la Birmanie. L’embargo sur les armes demeure. Les interdictions sur l’importation de jade et de rubis ainsi que des sanctions financières ciblées sur certaines personnes impliquées dans des abus passés en matière de droits de l’Homme sont à ce jour maintenues.

Le successeur de Madame Clinton, Monsieur John Kerry, s’est rendu en Birmanie en août 2014, soulignant qu’en dépit des progrès, beaucoup de travail restait à accomplir et insistant sur l’importance des élections de 2015. Le président Obama a lui-même effectué deux visites officielles en Birmanie, la première en novembre 2012, la deuxième en novembre 2014, tandis que le Président Thein Sein s’est rendu aux États-Unis en mai 2013. Cette visite, dominée par les dossiers économiques, constituait la première dans le pays par un chef d’État birman depuis 1966.

publié le 31/10/2014

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