Quelles perspectives pour la Francophonie en Birmanie ?

A noter sur votre agenda :

- Mardi 7 mai 2013 à 18h30 : lancement du Ciné-Club de l’Institut Français (« OSS 117, Le Caire nid d’espions » avec Jean Dujardin).

- Mercredi 22 mai 2013 à 18h00 : réunion publique d’information à l’Institut Français. (voir détails à la fin de cet article).

1/ Le défi du contexte birman.

Un nombre d’apprenants encore modeste.

L’apprentissage et l’utilisation au quotidien (ou au moins fréquente) de la langue française – qui définissent le terme francophonie – ne vont pas de soi en Birmanie : historiquement liée à la sphère anglophone, la Birmanie est longtemps restée un pays fermé - ou du moins rétif – à la diffusion des langues et cultures étrangères. Ainsi, dans le système éducatif birman, le français, à l’instar des autres langues étrangères, n’est enseigné qu’au niveau universitaire (l’anglais constituant une exception, de par son statut de langue seconde, enseignée dès le primaire).

Si l’Alliance française – aujourd’hui Institut Français - a commencé ses activités d’enseignement à Rangoun il y a plus de 50 ans (1961), ce n’est qu’en 1996 (Rangoun) et 1998 (Mandalay) que les deux universités de langues étrangères du pays se sont dotées chacune d’un Département de français. Elles préparent les étudiants à la licence de français (BA French) et, depuis 2008, à la maîtrise de français (MA French).

Malgré ce contexte difficile, le français est aujourd’hui la 3e langue enseignée en Birmanie, derrière l’anglais et le chinois. On compte près de 2.000 apprenants de notre langue, répartis entre l’Institut Français de Rangoun (1.000 inscrits sur l’année), le Centre de Français de Mandalay (250 étudiants), les Départements de français des universités de Rangoun et Mandalay (400 étudiants, 15 professeurs, 2 lectrices françaises) et les écoles internationales, dont l’Ecole Joseph-Kessel de Rangoun.

Une communauté francophone en progression.

On évalue à environ 500 personnes le nombre de Francophones résidant en Birmanie, dont 320 ressortissants français. Ce nombre modeste est toutefois en progression constante (+10%/an environ) à la faveur de la transition engagée depuis 2 ans. Au-delà de nos compatriotes, l’ouverture birmane suscite également l’intérêt d’autres communautés francophones, comme en témoigne l’ouverture l’an dernier à Rangoun des missions diplomatiques suisse et canadienne.

Autre fait positif pour la promotion de notre langue : les Français représentent la première nationalité européenne à visiter la Birmanie (30.000 touristes en 2012), suscitant des vocations de guides, d’agences de voyage et de personnels francophones dans les hôtels.

Enfin, le Club France – créé à l’initiative de l’Ambassade il y a un an -, regroupe plus de 200 membres birmans autour de la Francophonie, souvent à la suite d’une expérience d’études supérieures en France.

2/ De nouvelles initiatives pour la promotion de la Francophonie en Birmanie.

La Semaine de la langue française et la Fête de la Francophonie.

Depuis une dizaine d’années, l’Institut Français de Birmanie participe à la Semaine de la langue française et à la Fête de la Francophonie (21 mars). Lors des évènements récents, l’IFB avait notamment accueilli des productions théâtrales ainsi que le Concours national de la chanson francophone (150 candidats en 2010).

Le 30 mars dernier, l’Institut s’est associé avec l’Ecole Joseph-Kessel et l’Ambassade de Suisse pour proposer de nouvelles activités (dictée d’Or, rugby, pétanque, danse orientale, art culinaire, concert pop, etc.) qui ont remporté un succès notable (plus de 300 participants).

En 2014, de nouvelles initiatives plus ambitieuses, réalisées en concertation avec les autres ambassades francophones, devraient donner davantage d’ampleur à l’évènement en associant les universités, le monde économique et les agences francophones.

Pour une francophonie au quotidien : vos idées seront les nôtres .

Au-delà de l’évènement ponctuel de mars, le moment est désormais propice à l’organisation d’activités régulières et pérennes autour de la langue et la culture françaises tout au long de l’année. L’idée est de mobiliser à la fois les Birmans francophones mais également les communautés d’expatriés francophones, notamment la communauté française. L’Institut Français, comme c’est sa vocation, entend développer et encourager les initiatives en ce sens.

A cet effet, plusieurs « rendez-vous » seront organisés dans les semaines à venir visant à susciter et structurer les évènements autour de la francophonie au quotidien :

  • « première » du Ciné-Club de l’Institut Français le mardi 7 mai (18h30) : ces nouveaux rendez-vous cinéma auront lieu tous les premiers mardis du mois (fréquence bimensuelle à partir de septembre). A l’affiche le 7 mai : « OSS 117, Le Caire nid d’espions » avec Jean Dujardin.
  • réunion publique sur la création d’un « Groupe des Amis de la Francophonie » le mercredi 22 mai (18h00) à l’Institut Français : dans la perspective du lancement, à partir de septembre, de rencontres ou de clubs thématiques réguliers autour de la langue française (littérature, sports, cuisine, culture, etc) , l’Institut Français invite toutes les bonnes volontés birmanes, françaises et de toute nationalité, à participer à cette réunion d’information et d’échanges. Les responsables des clubs, institutions et associations francophones existants, avec lesquels l’Institut a vocation a établir des contacts, sont naturellement les bienvenus.

Un nouveau point « Francophonie » vous sera présenté dans l’édition du mois de juin de « La Lettre ». Il détaillera notamment les propositions qui auront été formulées lors de la réunion publique du 22 mai et qui auront vocation à être mises en œuvre aussi rapidement que possible, afin qu’elles soient opérationnelles à la rentrée de septembre.

publié le 29/04/2013

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