RÉPONSE DU MINISTRE D’ÉTAT, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ET EUROPÉENNES, ALAIN JUPPÉ, À UNE QUESTION D’ACTUALITÉ À L’ASSEMBLÉE NATIONALE, (Paris, 17 janvier 2012)

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Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Député,

Quand je suis arrivé à Rangoun, samedi dernier, le président birman Thein Sein, comme vous venez de le rappeler, avait libéré 651 prisonniers parmi lesquels la quasi-totalité des prisonniers politiques. J’ai eu la chance de pouvoir rencontrer plusieurs d’entre eux et ce fut un moment d’une intense émotion, comme ont été très intenses les entretiens que j’ai également eus avec Mme Aung San Suu Kyi à qui j’ai remis, au nom du président de la République, les insignes de Commandeur de la Légion d’Honneur.
Des entretiens que j’ai eus avec les principaux responsables des partis d’opposition, mais aussi avec le président de la République, les présidents de la Chambre Haute et de la Chambre basse du Parlement et mon homologue le ministre des Affaires étrangères, j’ai retiré une double conviction.
D’abord, du côté du pouvoir, il existe une vraie volonté d’ouverture et de volonté de démocratisation.
Ensuite, du côté de Mme Aung San Suu Kyi, qui sera candidate aux prochaines élections partielles du 1er avril, et du côté des représentants de l’opposition, il existe une vraie volonté de dialogue constructif avec le pouvoir.
Certes, des retours en arrière sont possibles mais il est de notre intérêt d’accompagner ce mouvement et c’est dans cet esprit que, dès lundi, je proposerai à nos partenaires européens de mettre au point un plan progressif de levée des sanctions qui ont isolé la Birmanie du monde extérieur. C’est dans cet esprit que j’ai annoncé l’augmentation de l’aide bilatérale de la France et la possible intervention de l’Agence française de Développement.
La Birmanie est, aujourd’hui l’un des pays les plus pauvres du monde mais elle a des ressources exceptionnelles et nous avons donc intérêt à l’accompagner dans son développement.
Mais au-delà de la défense des intérêts de la France, je crois que la vraie mission de la diplomatie française, c’est aussi de se battre pour des valeurs. C’est d’être sans ambiguïté aux côtés de ceux qui se battent pour la liberté, pour la démocratie, pour les droits de l’Homme.
C’est là qu’est la vraie grandeur de la France.

publié le 20/01/2012

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